
Le printemps pointe son nez et apporte avec lui une brise douce de renouveau. Après la grisaille de l’hiver, les jours rallongent, la lumière revient… et beaucoup d’entre nous ressentons une impulsion joyeuse d’ouvrir les fenêtres, trier, ranger, nettoyer et alléger ce qui nous entoure.
Comme nous rangeons soigneusement nos manteaux et nos tenues sombres de nos placards pour laisser place à une garde-robe plus colorées, nos projets et nos aspirations ont eux aussi besoin d’un espace clair et fertile pour pouvoir germer et grandir. Car faire de la place ne concerne pas uniquement nos maisons. C’est également un mouvement intime, un élan intérieur.

Qu’entend-on par faire de la place ?
Faire de la place, c’est simplement enlever l’ancien pour accueillir le nouveau. Si je souhaite acheter un nouveau canapé, je dois me défaire de celui qui occupe déjà l’espace dans mon salon. Le principe est simple.
Pour nos projets, le processus est identique. Si je souhaite adopter d’une alimentation plus saine, je vais devoir me défaire de certaines habitudes alimentaires. Si je veux créer mon entreprise, je devrais probablement me défaire de certains réflexes liés à ma posture de salarié pour adopter une manière de penser plus entrepreneuriale.
Faire de la place consiste donc à s’interroger avec honnêteté : certaines de mes habitudes, certaines de mes façons de penser, certaines méthodes d’action, de travail, sont-elles encore en adéquation avec ce que je souhaite construire aujourd’hui ? Cette exploration menée dans la compassion et la lucidité permet d’établir une forme de diagnostic personnel. Nous sommes au clair sur ce qui soutient nos projets et ce qui, au contraire, les fragilise. Ce constat permet alors d’ajuster nos comportements pour réduire l’écart entre nos aspirations et la manière dont nous agissons réellement.
Pourquoi il est important de faire de la place ?
Dans nos aspirations, nous pouvons faire face à des interférences qui bloquent ou ralentissent la progression de nos projets. Parfois, il suffit de faire un peu de place, pour que reprenne le mouvement. En effet, nous sommes tous en partie, le fruit d’un conditionnement qui agit dans l’ombre de notre inconscient. Sans nous en rendre compte, nos expériences passées, notre éducation, notre environnement familiale et culturel, mais aussi nos blessures, ou certaines croyances limitantes façonnent peu à peu notre personnalité, notre façon d’agir, de nous réaliser, notre relation à nous-même et au monde. Nous n’agissons pas, « nous sommes agis ».
Prenons l’exemple de Nicolas. Nicolas nourrit le créer une chaîne Youtube pour montrer ses sculptures sur bois et sa façon singulière de créer. Nicolas nourrit cette ambition depuis des années, mais procrastine, se trouve des excuses, détruit ses vidéos qu’il ne trouve jamais satisfaisantes. Sa chaîne reste à l’état embryonnaire.
Si on regarde un peu plus loin dans son histoire, on découvre qu’une étiquette l’accompagne depuis longtemps : enfant, Nicolas a souvent été décrit par ses parents comme timide, réservé. Avec le temps, cette image s’est installée profondément en lui. Alors, lorsqu’il se retrouve face à la caméra, ce n’est pas seulement sa passion qui s’exprime. C’est aussi cette vieille croyance qu’il pourrait être jugé, critiqué. Pour avancer, Nicolas n’a pas seulement besoin de techniques vidéo ou d’un meilleur matériel. Il a surtout besoin d’effectuer un travail plus discret mais essentiel : alléger ce conditionnement qui le freine.

Un exercice pour repérer ce qui nous freine
Pour certains d’entre nous, il est assez facile de donner des vêtements qui ont fait leur temps. Nous sommes conscients qu’ils restent inutilement stockés dans le placard, et qu’ils prennent la place d’éléments neufs et plus avantageux. Pour d’autres, la nostalgie, la peur de manquer, des habitudes empêchent de passer à l’action. C’est la même chose avec nos conditionnements.
Cet exercice a pour objectif d’éclairer certains mécanismes. Il ne s’agit pas de se juger ou de tout changer d’un coup, mais plutôt d’observer avec curiosité ce qui se joue en nous. Parfois une simple prise de conscience suffit à ouvrir une autre possibilité, à déplacer notre regard, à amorcer un changement.
Prenez quelques minutes pour répondre à ces questions :
- Dans quel domaine de ma vie ai-je l’impression de tourner en rond ?
- Y a-t-il une habitude, une peur ou une croyance qui pourrait occuper inutilement l’espace ?
- Cette façon de penser m’aide-t-elle vraiment à avancer aujourd’hui ?
- Que pourrais-je laisser derrière moi pour me rapprocher de ce que je souhaite construire ?
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